Audit énergétique obligatoire : ce que dit la réglementation actuelle

Vendre ou louer un bien ne se résume plus à une poignée de mains et quelques signatures. Désormais, chaque propriétaire doit faire examiner son logement à la loupe, histoire de savoir vraiment ce qu’il propose.

Dans la liste des papiers à fournir aux candidats acquéreurs ou locataires, il y a désormais le résultat de l’audit énergétique. Ce document joue un rôle inédit : dévoiler la performance réelle du logement sur le plan énergétique, bien au-delà des impressions ou des déclarations d’usage.

En clair, une fois ce bilan posé sur la table, le propriétaire sait exactement où il en est et ce qu’il reste à faire pour réduire la dépendance de son bien à une énergie toujours plus chère. Quand le bilan penche dans le rouge, les travaux ne sont plus un luxe. Ils deviennent une étape quasi incontournable.

Mais attention : tout le monde n’est pas logé à la même enseigne concernant l’audit énergétique.

Qu’est-ce qu’un audit énergétique ?

L’audit énergétique est une expertise approfondie menée par des professionnels accrédités. Ils auscultent le logement sous toutes ses facettes : isolation des murs et des combles, structure de la bâtisse, état des équipements (chauffage, production d’eau chaude, ventilation, éclairage…). Rien n’échappe au passage au crible.

Le bilan porte d’abord sur ces sources de consommation qui plombent les factures. Le but est simple : dresser un portrait fidèle et complet de la consommation énergétique, de son impact réel, puis remettre au propriétaire deux conclusions majeures.

D’un côté, une synthèse claire résume l’état du bâtiment : isolation, équipements, consommation annuelle. De l’autre, un plan d’actions priorise les améliorations à conduire pour viser une meilleure performance, à court ou moyen terme.

Que l’on possède une maison individuelle, un appartement ou un immeuble, cette évaluation ne laisse aucune place à l’à-peu-près. Et ceux qui souhaitent activer des aides à la rénovation se verront également demander ce diagnostic.

Qui est réellement concerné par l’audit énergétique ?

La réglementation ne vise pas indistinctement tous les propriétaires. Les copropriétés sont en première ligne : celles de plus de 50 lots, construites avant 2001 et dotées d’un chauffage ou d’une climatisation collective doivent passer par la case audit.

Côté particuliers, le calendrier change. L’État incite les Français à agir, avec des appuis comme MaPrimeRénov’ depuis octobre 2020, mais sans enforcement systématique… jusqu’à récemment.

Car un changement s’est imposé : avec le DPE nouvelle version entré en 2021, la audit énergétique s’est invitée dans le quotidien des vendeurs de logements classés F ou G, ceci dès septembre 2022, en application de la loi énergie-climat. Les logements E suivront à partir du 1er janvier 2025. Pour les biens notés D, la date est fixée au 1er janvier 2034.

En location également, la bascule est enclenchée. Depuis août 2022, impossible de mettre sur le marché une maison ou un appartement noté F ou G sans fournir cet audit. La timeline s’accélère : les biens G ne pourront plus être mis en location en 2025, les F en 2028, puis les E dès 2028 également, avant l’interdiction des logements D à partir de 2034.

Qui peut réaliser un audit énergétique ?

Confier l’audit à n’importe quel prestataire serait une erreur. Il y a des règles strictes. Le professionnel doit posséder la certification appropriée et justifier de compétences technique spécifique.

Avant de solliciter un spécialiste pour un audit énergétique, il est impératif de s’assurer qu’il s’agit d’un thermicien, d’un climaticien, d’un architecte inscrit à l’ordre, ou d’un autre expert dûment formé (avec une formation spécifique d’au moins 4 jours) à ce type d’analyse.

Le matériel utilisé doit permettre une évaluation fiable de tous les postes de consommation. L’expérience joue aussi un rôle : un praticien rodé, capable de fournir plusieurs références d’audits menés, apporte une sécurité supplémentaire au client.

Depuis 2013, la certification RGE Études (Reconnu Garant de l’Environnement) fait office de référence. Cette qualification devient même obligatoire pour accéder aux subventions dédiées à la rénovation énergétique.

Dans les immeubles collectifs, seules les sociétés d’architecture, les architectes disposant d’une spécialisation ou les bureaux d’études estampillés « Audit énergétique des bâtiments » interviennent officiellement. Pour les maisons individuelles, des entreprises titulaires de la mention “Audit énergétique en maison individuelle” sont admises, tout comme les entreprises certifiées RGE offre globale ou les diagnostiqueurs immobiliers labellisés pour cette prestation.

Faut-il confondre DPE et audit énergétique ?

Nombreux sont ceux qui mélangent encore ces deux évaluations, alors que leurs objectifs diffèrent très nettement. Le DPE fournit une image d’ensemble de la consommation d’un logement, une estimation globale couplée à une étiquette énergie.

L’de gaz à effet de serre et de l’énergie consommée sont indiqués. Mais l’audit va beaucoup plus loin : il chiffre, scénarise les travaux, tient compte de l’usage réel du bien, du comportement de ses occupants, et aboutit à des préconisations concrètes, hiérarchisées.

L’audit intervient donc après un DPE (obligatoire pour la vente ou la location), mais il n’est exigé que si le bien est épinglé sur sa classe énergétique. En pratique, seuls les logements classés de E à G sont tenus à cette analyse supplémentaire, selon un calendrier progressif de mise en application.

À quoi sert concrètement l’audit énergétique ?

Commandé à intervalles réguliers par des entreprises ou des particuliers, l’audit est bien plus qu’un simple état des lieux. Il détecte les gouffres énergétiques : isolation peu performante, anciens convecteurs, zones de déperdition non traitées. Avec ces constats précis, le propriétaire bâtit un plan de bataille adapté et peut cibler les investissements pertinents (isolation, changement de chaudière, etc.).

Les bénéfices sont immédiats et durables : réduction des factures, anticipation d’une interdiction locative, valorisation du bien, et parfois, accès à des aides publiques. À plus long terme, ces ajustements permettent d’accompagner la transition écologique et de réduire concrètement l’empreinte carbone du bâti.

Quelles sont les grandes phases de l’audit énergétique ?

Pour comprendre la progression de cet audit destiné à réduire la consommation et améliorer l’efficacité énergétique, voici les principales étapes suivies :

  • Collecte d’informations : transmission par le propriétaire des relevés, factures et données sur les usages énergétiques.
  • Analyse détaillée : le professionnel épluche ces chiffres pour repérer les points faibles et les sources de gaspillage à traiter en priorité.
  • Inspection du bâtiment : étude in situ de la construction, du respect des normes d’isolation et de ventilation, du comportement énergétique du bâti.
  • Restitution finale : le rapport inclut des scénarios précis, chiffrés, des préconisations argumentées et un calendrier des actions recommandées.

Comment se passe un audit énergétique dans la pratique ?

Une fois le rendez-vous fixé, le professionnel questionne le propriétaire sur tous les usages énergétiques. Il rassemble les factures récentes, relève le fonctionnement des différents équipements puis passe à l’inspection technique : détection des faiblesses thermiques, vérification de la ventilation et contrôle de la conformité du bâti.

À l’issue de cette phase terrain, il s’attache à élaborer des solutions sur mesure, adaptées à l’occupation réelle du bien. Tout ce travail aboutit à un rapport exhaustif, où la stratégie de rénovation et les pistes d’économie sont optimisées, mais sans jamais nuire au confort.

La procédure se révèle d’autant plus décisive dans les bâtiments très énergivores, où chaque point d’économie déniché permet un retour direct sur investissement à l’heure des hausses continues du prix de l’énergie.

Après l’audit énergétique, quel est l’engagement du propriétaire ou de l’entreprise ?

Recevoir un rapport ne suffit pas : il faut s’engager à suivre les pistes d’optimisation mises en lumière. Cela implique parfois de remplacer des équipements vieillissants, de renforcer l’isolation ou d’installer des systèmes connectés de gestion de l’énergie.

La réglementation attend un suivi vigilant. Négliger les mesures correctives expose à des sanctions parfois lourdes : retrait des aides financières, voire amendes. À l’inverse, chaque action menée améliore la rentabilité du bien ou de l’entreprise, tout en respectant les ambitions en matière d’environnement.

L’audit énergétique, loin d’être une formalité nouvelle, s’impose comme un outil de pilotage intelligent. Ceux qui l’abordent avec sérieux et pragmatisme ouvrent la voie à des espaces de vie ou de travail plus sains, économes et durables. Demain, il y aura ceux qui adaptent leurs bâtiments et ceux qui courent après le retard, le choix se fait dès aujourd’hui.

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