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Le gouvernement semble pris de panique devant la vague de fond qu'il a déclenché avec des tarifs de rachat attractifs, créant une rentabilité artificielle des projets d'investissement : la baisse des tarifs ne suffisant pas à arrêter l'hémorragie financière, il suspend carrément pour 3 mois - il avait prévu 4 initialement -, par un décret du 9 décembre, l'obligation de conclure un contrat d'achat de l'électricité, aucune nouvelle demande ne pouvant être déposée durant la période de suspension.

Cette mesure épargne cependant les installations ne dépassant pas 3 kW. Sont également épargnées les installations dont le producteur a notifié au gestionnaire de réseau son acceptation de la proposition technique et financière de raccordement au réseau avant le 2 décembre 2010, à condition que leur mise en service intervienne dans un délai de dix-huit mois à compter de la notification ou, lorsque cette notification est antérieure de plus de neuf mois à la date d'entrée en vigueur du décret de suspension, à la mise en service de l'installation dans les neuf mois suivant cette date.

Sonnés, les professionnels qui, après avoir investi voient s'envoler leurs perspectives de croissance et vont au devant de graves difficultés financières, ont entrepris une contre-attaque judiciaire face à un gouvernement embarrassé par son pilotage erratique de sa politique solaire. Alors qu’a débuté le 20 décembre une concertation sur le photovoltaïque menée par le gouvernement, les professionnels de la filière ont décidé de déposer un recours devant le Conseil d’Etat pour demander l’annulation du décret du 9 décembre.

Interpellée par l'opposition, la ministre de l'écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a justifié la décision d’un moratoire pour permettre la mise en place d’un nouveau cadre pour la filière ; elle a néanmoins reconnu que, hors les objectifs en termes de volume énergétique qui sont "très largement atteints", les autres objectifs environnementaux et de développement industriels "restent très insuffisants". Elle a évoqué le problème d’une trop forte présence des fournisseurs étrangers, ce qui n’était pas le but : actuellement selon elle, l’essentiel des emplois de la filière se trouve dans les bureaux d’études et les entreprises d’installation. Elle a été plus loin sur France Info, avançant que 90% des panneaux installés en France viennent de Chine...

Au delà des récriminations, des industriels du photovoltaïque ont fait entendre un autre son de cloche lors d'une audition le 22 décembre devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. Devant les députés, Fabrice Didier, directeur général de Saint Gobain Solar a estimé que la parité réseau (coût de production du kWh photovoltaïque égal au coût d'achat de l'électricité au détail) pour l'énergie photovoltaïque sera atteinte en 2017/2018, et a plaidé pour que tarif d'achat subventionné soit remplacé après 2018 par l'obligation d'intégration de panneaux photovoltaïques dans tout nouveau bâtiment, comme un de ses éléments énergétiques ; le potentiel serait de l'ordre de 1.500 MWpar an. En attendant le "bâtiment autonome" pour lequel il sera nécessaire d'associer des solutions de stockage...
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